Le monde de demain

written by sandrine 15 avril 2020

Je ne pensais pas que nous aurions l’occasion d’écrire sur le monde de demain. Tout comme le passage à l’an 2000 nous plongeait dans un questionnement de société – comme si pour certains ce serait l’entrée dans le futur – fait d’angoisses irrationnelles et d’espoirs démesurés, ce post-Covid nous plonge dans ce même mélange d’émotions.

Le monde vient de changer sous nos yeux

Transformé. Boulversé.

Un certain 13 mars l’école s’est arrêtée. A partir de ce moment, notre quotidien est devenu un inconnu dont on découvrait la teneur chaque jour.

Nous avons coupé tout lien social ou presque. Notre travail a dû s’organiser sur le coin d’une table de cuisine en alternance avec les autres membres de la famille et surtout avec les moyens du bord.

On y a tous mis de la bonne volonté, mais ce que nous venons de surmonter à été dur. On a perdu nos repères. Nos rituels ont volé en éclat. On s’est senti seul, perdu, un peu désemparé et même parfois coupable de ne pas pouvoir faire ce que nous faisions avant.

Ce qui était important hier ne l’a plus été.

Déconfinement annoncé

Au « libéré, délivré » que nous aurions aimé entendre, se substitue un retour à la normal séquencé et controlé. Pas de quoi se sentir tranquille du coup.

On s’interroge. Ce sera quand pour moi? Il se passera quoi?

Notre nouveau monde

Quoi qu’en diront les économistes qui appellent à la reprise la plus rapide possible de la « normalité », nous ne retrouverons pas la normalité d’hier à notre retour.

Nous allons faire connaissance avec un autre demain, qu’il va falloir apprivoiser. Il aura les apparences de l’ancien monde car il reposera sur les mêmes règles. On reprendra nos mêmes places de travail (si tout va bien). Mais dans nos têtes, dans la tête des consommateurs, les choses auront changé.

Syndrome post-traumatique

Le syndrome post traumatique fera planer encore longtemps l’éventualité d’une crise à venir. Et pour ceux qui auront subi des pertes, un deuil incommensurable. Ceux qui n’auront pas encore eu le virus vivront dans une forme de méfiance et d’inquiétude. Et même si les autres reprendront les choses sans cette épée de Damoclès sur la tête, leur sérénité ne sera pas complète.

Disparition du futile & des cigales

La nécessité des économies, la prudence, va, comme en période d’après guerre, marquer nos nouvelles habitudes. On fera plus attention, au cas où. On va se mettre à thésauriser d’abord pour se remettre, puis ensuite par nécessaire prudence.

Vu comment certains commerçants, indépendants auront passé la pandémie, et l’état de crise dans lequel ils se trouveront, tout ce qui est non indispensable disparaitra. Il va y avoir beaucoup de blessés sur la route.

Il risque d’y avoir un élagage également du futile. Faire venir un gadget plastique de wish aura-t’il encore le moindre sens? Les sites de e-commerce, les centres commerciaux, risquent d’en faire les frais. Entre le fait que nous n’aurons plus les moyens et la peur que cela arrive de nouveau, un écrémage naturel va se faire.

Période de flottement

Il va nous falloir de 12 à 18 mois pour retrouver un semblant de fonctionnement acceptable. Au sortir du confinement, nous serons groggis. Il va falloir faire l’inventaire de la casse. Regarder ce qui peut et doit être sauvé puis se poser pour réfléchir.

Les projets vont être arrêtés ou reportés. Certains secteurs vont prendre cher comme le tourisme, l’événementiel.

La politique devra faire son bilan et on aura certainement des remous de « il aurait fallu », « on aurait dû » avec une course d’opportunisme pour ceux trouvant là l’occasion de briller ou de renaitre.

Le Covid va provoquer un effet Tsunami.
Après le séisme sanitaire, nous allons connaitre la vague de la crise économique qui va venir saper l’équilibre mondial, rasant ce qui était fragile, bouleversant ce qui ne tenait qu’à un fil et ravageant les certitudes du passé.

Il va y avoir une phase de sidération économique dès la sortie du confinement et il nous faudra, comme après Fukushima, un grand moment pour prendre la mesure de ce qui vient de se passer et de pouvoir mettre en place des mesures pour l’avenir.

De la place pour le rêve?

Je crois qu’il va y avoir de la place pour le rêve et beaucoup d’opportunités de construire un monde un peu différent.

Les repères auront changé. Les vérités d’hier auront été ébranlées. Les attentes des consommateurs changées.

Il y a donc toutes les raisons de croire que les conditions seront réunies pour changer le monde.

De la responsabilité de chacun

Ce qui va faire la plus grande différence c’est ce que nous allons chacun choisir de faire à partir de maintenant. Nous votons quand nous achetons.

Alors il ne tient qu’à nous d’envoyer les bons signaux: acheter local, exiger un respect de la nature, la diminution des risques sanitaires comme les pesticides. A nous de faire pression avec notre porte monnaie.

A nous également de ne pas laisser l’économie spéculative définir notre santé. A nous d’exiger de nos politiques un système de santé unique et solidaire.

Se donner les moyens

Se donner les moyens d’y croire

Pour qu’un changement puisse arriver, la première condition c’est d’y croire. A nous de dessiner le monde que nous voulons, d’impliquer nos enfants à qui nous allons laisser en héritage cette planète et de travailler avec eux pour leur construire un avenir meilleur. L’économie est au service des citoyens et pas le contraire, donc ne laissez pas leurs contraintes délimiter le monde dans lequel nous voulons vivre.

Se donner les moyens d’essayer

L’innovation est la clef de voute de l’après Covid. Je ne dis pas uniquement d’améliorer ce que nous avions déjà – ce qui est de la rénovation et pas de l’innovation – mais de réfléchir à comment atteindre notre but en essayant plein de nouvelles choses.

En quelques sorte, c’est un peut comme si on passait d’un mode de recherche et développement à un mode de recherche fondamentale. Même si on est en droit d’espérer des résultats, quand on travail sur de l’innovation, c’est la direction qui est importante. Prévoir un succès c’est se limiter aux possibilités que l’on peut imaginer.

L’innovation c’est aller à la rencontre de possibilités que l’on n’imaginait pas.

Sandrine Szabo

Se donner les moyens d’attendre

Rome ne s’étant pas construite en un jour, il ne faut pas s’attendre à ce que cela se fasse rapidement. L’innovation c’est une succession de petites avancées. Cela se fait dans le temps et on l’observe avec le recul.

Si vous voulez avancer, il faut viser la lune et se donner le temps de l’atteindre. Au pire vous atterrirez dans les étoiles 😉

Notre cher St Exupéry

Le monde de demain va être un monde difficile. Il fera peur et si vous cherchez des raisons d’angoisser, vous en trouverez de nombreuses. Mais si vous voulez construire un monde de demain meilleur, c’est sur ce qui est positif que vous devez vous concentrer. Ne laissez pas aux autres le soin de limiter vos pouvoirs. Même à notre échelle individuelle, nous avons la possibilité de contribuer à définir un meilleur demain avec nos bulletins de votes, avec notre engagement citoyens, avec notre carte bancaire.

Laissez-vous aller à imaginer le meilleur afin qu’il puisse arriver et agissez!

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